Brebis Lait Provence, retour à la page d'accueil

Le rôle social des fromages au lait de brebis

Flux RSSImprimer la page

Le fromage avait non seulement une fonction économique mais remplissait également un rôle social : il servait de monnaie d'échange, on l'utilisait pour payer taxes et droits seigneuriaux et on l'offrait même aux notabilités pour une faveur à demander ou une démarche à accomplir.

Comme le souligne Bertrand BONNIN " ... de nombreux documents montrent qu'il permettait la livraison d'une quantité importante de fromage de brebis pour le paiement des droits seigneuriaux ou des loyers des terres. ". En effet, à la lecture du recueil périodique des archives des Hautes Alpes, on trouve les témoignages suivants :

 
Témoignages

  • Dans le jas où les bergers de Provence fabriquaient des fromages, il y avait une tradition qui s'est perpétuée presque jusqu'à nos jours. Les bergers, avant de repartir pour la Crau d'Arles devaient offrir aux autorités : le curé, les consuls et les conseillers ainsi qu'aux champiers ou gardes champêtres, un ou deux fromages à chacun. Tous étaient très fiers et même jaloux de recevoir ces fromages, ces seras, le seracium des anciennes chartes.

  • "Le 1er septembre 1543, Jean Pierre et Louis Surrian, donnent au bail du chapitre de Gap, pour l'arrangement des montagnes du Chaudun 400 florins, des ceras ou seras et "ung quintal et demy d'uilhe"

  • " Le 15 août 1552, Dominique du Puy, fermier général des montagnes de " Combeaulx et Vallon-Dauphin en Champsaur ", les sous-afferme à Jean Vincens, norrier (éleveur) d'Istres en Provence, diocèse d'Arles , pour 5 ans, au prix de 52 écus, 1/2 quintal de fromage et deux seratz, chaque année (G. 1583, p. 76). "

  • " Le 1er déc. 1548, Arnoux Vernilhes, de La Terrasse, hameau de Gap, donne en ferme à Jourdan Joubert, de Montalquier, dos feas noyres (brebis noires), pour 6 ans, moyennant 2 livres de fromage par an, la moitié de la laine et des agneaux (G. 1574, p. 55). "

  • " Le 20 févr. 1580, Méhiérye ou bail à mi-fruits, de 4 brebis, par Jean Garcia à Antoine Chaix, des Brunets, hameau de Gap (G. 1593, p. 129).Le 19 mars 1601, bail à ferme à Pierre Pauchon, du lieu de Rabou, par Jean Gueydan, de Gap, de 6 brebis meyronaux, avec leurs agneaux. pour 4 ans, " à droictes miéyes, selon l'usage et costume du pays ", soit deux livres de fromage par brebis, moitié de la laine et des agneaux (G. 1600, p. 170) "

  • " Le règlement de commerce de la ville d'Embrun, du XVe siècle, prescrit de payer les droits de leyde ou de passage (analogues à ceux de l'octroi moderne), de la façon suivante:
    Pour la charge (sauma) de fromages, 2 deniers
    Pour une douzaine (la dozena) de fromages, 1 denier;
    Pour chaque bête bovine (tota bestia bovina), 1 denier;
    Pour chaque bête à laine (chascuna bestia lanua), au dessous du nombre total de 12, 1 obole
    Pour chaque chèvre (tota bestia chabrina), 1 obole, etc.,

A lire aussi

Consommation et commercialisation des fromages au lait de brebis

L'autoconsommation

La commercialisation

Les fruitières