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Sanson
considérait la race corse comme " une variété misérable
du groupe des Pyrénées ". Ce qui est certain, c'est que,
depuis très longtemps, le climat, la faiblesse des ressources alimentaires
et le mode de vie ont modelé le type ovin Corse et expliquent les
échecs des essais d'amélioration par des apports de sangs
extérieurs (Mérinos, Dishley, Barbarin) au XIX ème
siècle. Mais fallait-il véritablement promouvoir de tels
croisements ? Boyer et Sajous rapportent qu'en 1922, la production laitière
des brebis Corses était égale à celle des brebis
Lacaune, nettement plus lourdes (et que leur lait était plus riche
en matière grasse 79.7 contre 70.5g/l). Cette équivalence
n'existe plus, mais une question reste posée pour les éleveurs
de plaine qui, s'ils souhaitent augmenter leur productivité en
introduisant des béliers Sardes, se voient contraints de rompre
avec les systèmes pastoraux traditionnels (plein air, transhumance,
etc..) |
L'homogénéisation
de la population a permis d'établir le standard de la race Corse, dont
nous empruntons la description au Docteur Romani (revue Technique laitière
n665) :
Animaux de
format réduit : la taille varie chez la brebis de 0.50 m à 0.60
m, le poids vif de 30 à 40 kg pour un poids de carcasse de 13 à
20 kg. La taille du mâle peut atteindre 0.65 m pour un poids de 50kg.
Tête : elle est très fine avec une farce longue ; chanfrein plat ou légèrement brusqué chez la brebis, plus busqué chez le bélier ; présence d'un toupet sur le front. Les oreilles sont petites, implantées bas et portées le plus souvent horizontalement. Les cornes sont parfois absentes chez la femelles ; lorsqu'elles existent, elles sont petites, minces et aplaties. Chez le mâle, elles sont annelées, enroulées en spirales et rejetées en arrière. La couleur des muqueuses varie avec celle de la toison. Elles sont noires pour les brebis noires ou d'un rose plus ou moins soutenu si la toison est grise ou blanche.
Corps : il est régulier avec un thorax développé en hauteur, un dos droit, une croupe étroite et un gigot bien peu développé.
Queue : elle est longue et fine (30 à 35).
Membres : ils sont remarquablement fins. Les onglons sont de couleur blanche ou brune.
Mamelle : elle est développée et conformée en " pis de chèvre ". Elle présente parfois des trayons supplémentaires.
Laine : la coloration de la toison est assez variable avec des sujets tirant sur le blanc (environs 50 %), de couleur noire (environ 30 %), de couleur grise, rousse ou cendrée (environ 20 %).
Les brebis entièrement blanches sont plus rares.
La toison est très ouverte avec inexistence de laine sous le cou, sur les membres et sous le ventre. Elle pèse de 1kg à 1.200kg et est composée d'une laine grossière et jarreuse à brins longs qui ne peut trouver son utilisation que dans la confection de tapis et de matelas.
La race corse se définit par un petit format, une grande rusticité et de bonnes aptitudes à la traite et à la production . Agile et bonne marcheuse, ellle vit en plein air dans des zones arides de parcours et de montagne méditerranéens. Elle est exploitée essentielllement pour la production de lait destiné à la fabrication de fromages régionaux : Niolo, Venaco, Sartène… de même qu'une spécialité devenue depuis juin 1983, produit d'appellation contrôlée : le brocciu ; une partie de la collecte est néanmoins exportée par des industriels sous forme de féta. La race corse est la seule race européenne où l'on trouve encore une très grande variation des couleurs de la toison.