La
Société d'Etudes des Hautes Alpes, dans son bulletin de 1937,
a publié un article sur la valeur des denrées alimentaires à
Briançon en 1575. On voit ici la différence entre le fromage frais
(fromage blanc) et le fromage affiné (fromage rouge) " …Le quintal de
fromage blanc : XII florins VI sols, le quintal de fromage rouge : XVII florins.
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Le
fromage blanc est la tome encore imprégnée de liquide, le
fromage rouge, désigné par sa couleur extérieure,
encore subsistant de nos jours (fromage de Champoléon) est le fromage
sec.
La tome en raison de sa consistance est bien moins nourrissante que le fromage. Au témoignage de Mr SEVERIN CHEVALIER, ancien maire de Monteyer, si on fait une tome fraîche, elle perd en séchant 2/3 de son volume et la moitié de son poids en devenant un fromage. " Dans le recueil périodique des archives des Hautes Alpes de 1902, plusieurs paragraphes font allusion à la fabrication du fromage dont le trémoi (1237) qui semble désigner la forme fraiche du fromage : |
" Seuls les bergers de Provence, durant quelques mois d'été, s'occupaient de la fabrication du fromage. Lorsque leur troupeau avait séjourné quelque temps dans la montagne, on sevrait les agneaux. Les brebis formaient un lot spécial ou escabouot, qui était confié à deux ou trois bergers laitiers, chargés de traire les brebis, faire cailler le lait, le mettre dans les formes (feisselos), saler les fromages et les surveiller journellement. "
" Le tremoi mentionné dans les textes de 1237-1239 et autres (Chartes de Bertaud, n° 26, 27, 38, 40, 42), doit désigner un fromage frais, non encore ferme, mais tremblotant, analogue au fromage blanc actuel ou fromage mou, qu'on appelle vulgairement tome, ou simplement caillé. Les tomes de Névache en Briançonnais, de la vallée.du Queyras, de Réotier en Embrunais, de Champoléon, de St-Laurent-du-Cros, en Champsaur, étaient particulièrement recherchées. Les tumiaïres du Queyras, qui souvent ne se distinguaient pas des burriaïres ou beurriers, faisaient surtout le commerce du fromage frais en Dauphiné et en Provence. "
La
traduction des écrits de Noé de Barras (1480) par l'historien
Jean-Yves ROYER nous renseigne aussi sur le type de fromage fabriqué
à l'époque, comme l'écrit Simone
MARTIN VILLEVIELLE , dans son ouvrage HISTOIRE DES RECETTES DE PROVENCE,
DIX SIECLES DE TRADITION GOURMANDE
" Les fromages
de brebis égouttés en faisselles après caillage du lait
non chauffé en récipients de bois, correspondaient au pécorino
italien, une pâte molle à croûte naturelle, ferme ou toucher.
On devait le manger frais au couteau (à partir d'un mois) pour le râper
ensuite (après un an) en cuisine où on en faisait grand cas. La
râpe GRATUSA était rarement absente des cuisines médiévales.
"