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Le
recueil périodique
des archives des Hautes Alpes de 1902 consacre un chapitre à la
race ovine du département. L'auteur fait tout d'abord référence
aux moutons de Provence, qui se rendaient dans les montagnes des Hautes Alpes
: ces moutons nommés " Avere provincialis " dans un document
du 5 septembre 1345 ou 1346 sont mentionnés dès 1172.
Un autre document du 19 mars 1601 mentionne la présence en Gapençais
de " brebis meyronaux ", mot qui désigne, selon l'auteur
les " brebis du Midi, ou mieux celles que l'on appelle aujourd'hui Mérinos
". Ce terme est repris dans le Journal d'Agriculture de 1807.
Dans les anciennes chartes, la race ovine indigène des Hautes Alpes est appellée au XIVème siècle " Avere minulum ".
Ce terme d'Avere, " l'avoir " designe la race ovine du pays, c'est le terme courant dont se servent les habitants pour désigner leurs troupeaux de moutons ou de brebis.
On
trouve une description de la race locale dans le Journal
d'Agriculture de 1807 :
" Les moutons ordinaires étaient de petite taille, produisant
une laine courte et peu épaisse, donnant très peu de lait, mais
une viande de très bonne qualité et succulente, du moins en
Gapençais, dans le Serrois, le Rosanais et une grande partie du Champsaur
et de l'Embrunnais
Dans le Briançonnais, en Queyras et quelques
communautés de l'Embrunnais, la majeure partie des brebis appartenaient
à la race ravane ou chabruarde, dont le nez est fortement busqué,
les oreilles pendantes, la laine grossière, très longue et sans
suint, bonne, tout au plus, à faire des matelas. Ce sont les moutons
que l'on appelle ailleurs ravas et aujourd'hui moutons de Bergame ou Bergamasque,
encore nombreux dans la Haute Italie d'où ils ont été
introduits dans les Alpes".
La " mérinisation ", au début du XIXème siècle va tendre à remplacer cette race commune par des Mérinos.
La
race Savournon est aussi citée dans le recueil périodique
des archives des Hautes Alpes de 1092 : " En Gapençais, le type
de mouton le plus apprécié se trouvait à Savournon, canton
de Serres, où il subsiste encore et qui est aujourd'hui recherché
pour les qualités spéciales de ses produits : lait, viande
Les brebis de Savournon sont d'excellentes laitières, elles n'ont pas
de laine sous le ventre
"
Cette race, connue aujourd'hui sous le nom de Préalpes du Sud, s'est
développée dans notre région à la limite des départements
de la Drôme, des Hautes Alpes, des Alpes de Haute Provence et du Vaucluse
et désignée sous des noms différents par ses éleveurs
qui la baptisaient du nom de la région où se tenaient les foires
de reproduction : Savournon, Sahune, Quint
(source Institut Technique
de l'Elevage Ovin et Caprin)
Il en est de même dans les Alpes de Haute Provence
où l'on retrouve pratiquement les mêmes dénominations.
L'enquête agricole de
1929 dresse un inventaire de l'élevage ovin dans ce département
:
" On trouve le mouton sur toute l'étendu du département.
Les races exploitées sont les suivantes :
commune des Alpes ou grande race de Barcelonnette, Race d'Orpières
ou de Sahune ou de Savournon, Mérinos d'Arles "
Par des croisements successifs, le mérinos a plus ou moins modifié
des premières.
Par suite des conditions économiques d'après guerre, le prix
élevé de la main d'uvre, la baisse notable du nombre de
brebis indigènes, la rareté des bergers
quantité
de troupeaux ont disparu dans les fermes de la vallée de la Durance,
où les brebis ont été remplacées par des algériennes.
Les
auteurs divisent le département en deux parties délimités
par une ligne Sisteron - Digne - Barreme - Castellane. Au nord de celle-ci,
on retrouve la race commune des Alpes : Savoyarde, Thone, Bergamasque,
Nize, Pignerollo décrite ainsi : " Race cornue,
cornes s'enroulant autour de la tête, de forte stature, à grosse
tête, chanfrein fortement busqué, dont le sommet est recouvert
d'une épaisse touffe de laine ; les oreille pendantes lui donnent un
aspect de laideur. Le tronc est très long, limité par des côtes
plates est supporté par des membres très osseux.
A Allos, elle est imprégnée par le mérinos d'Arles.
Au dessus de Sisteron et à Barreme, Senez : brebis de sahune
(orpierres) "
La deuxième zone, se situe au sud sud-est de la première. On y trouve une vieille race indigène décrite ainsi : " profondément modifiée et même absorbée par la brebis de sahune.(sahune ou orpierres ou Vaupeirenque = sous race dépendant de la race cevenolles) format moyen, de type allongé 40 à 45 kg, tête membres et face inférieure de la poitrine dépourvus de laine. Excellente laitière. Sous race Barreme et Sous race Valensole "
Dans le département des Alpes Maritimes, on retrouve
à la fois des influences alpines française et italiennes. La
monographie agricole du département,
de 1937 020 nous décrit assez bien les différents types d'animaux
que l'on y trouve :
La race commune s'apparente à l'ancienne race des alpes. Elle est peu
précoce, mais très rustique et féconde, bien adaptée
pour tirer partie des pâturages maigres et secs. Sa poitrine est étroite,
sa croupe peu développée, sa tête est fine, allongée,
le plus souvent sans cornes. Le ventre, les membres, la tête ont peu
de laine, la toison est ouverte et plutôt grossière. Les troupeaux
de cette race dont les anciens types se rencontrent un peu partout, en particulier
sur la partie nord-est des monts du Cheiron, sont fréquemment croisées
avec des métis Mérinos.
Le type de l'ancienne race noire subsiste encore dans la proportion de 15
à 25 % dans certains troupeaux, en particulier dans ceux de la région
de Saint Vallier et de Coursegoules. Il constituait, il y a 60 ans, la majorité
des troupeaux de cette région. Au 18e siècle, il était
très abondant dans l'arrondissement de Grasse, dans la région
de Vence. Et on désignait alors ces moutons noirs, vifs et très
rustiques dont l'influence ancestrale se perpétue sous le nom de "
sublaïre ", qui signifie siffleur. Cette désignation a trait
à la vivacité avec laquelle ces moutons se déplacent,
au moindre incident, au pâturage.
Les métis Mérinos et leur croisement avec les anciens types
du pays, se sont constitués à la suite de la transhumance d'été,
des moutons Mérinos des Bouches du Rhône et du Var. ils sont
meilleurs et plus lourds que les anciens types. Et on les retrouve un peu
partout sur les plateaux du Cheiron et dans les hautes vallées du Var
et de ses affluents.
Sur les confins de la frontière, ils ont été croisés
avec des moutons du piémont, en particulier à Saint Dalmas le
Selvage, où le type est d'assez forte taille.
" Dans la région de Guillaumes, et la région voisine des
Basses Alpes, il existe un type d'animaux peu nombreux, de bonne taille, à
tête rousse, à laine tassée, désigné sous
le nom de race de Péone, et sur la formation de laquelle on est pas
exactement renseigné. C'est un bon type, s'engraissant bien, mais plus
exigent que l'ancien mouton du pays. "
La race Brigasque d'aujourd'hui est issue du croisement de races italiennes,
alors réputées pour leur qualités laitières :
" La transhumance d'hiver amène de la région de Briga et
de Tende, en Italie, des animaux dont on retrouve encore quelques types sédentaires
dans les Alpes Maritimes, notamment dans la région de Breil, près
de la frontière. Ces animaux appartiennent à deux races tardives
d'Italie : la race de Langhe et la race de Fabrosa. Ces deux
races sont d'ailleurs parfois mêlées ou croisées avec
des troupeaux qui transhument. Ces moutons transhumants italiens sont exploités
pour leur lait transformé en " brousse " et en fromage frais
" tome ". "
La race de Langhe, bonne productrice de lait, a une grosse tête, à
profil busqué, accentué, dépourvue de cornes, à
oreilles longues, larges, minces, pendantes, le tronc très long, la
poitrine étroite, les membres longs. Dans l'ensemble, l'animal présente
un dolicomorphisme très net. La toison ouverte commence à la
partie inférieure du corps, la tête et le ventre sont dénudés.
La laine, peu abondante est grossière. Cette race est peu précoce,
bonne marcheuse, rustique et bonne utilisatrice des pâturages maigres.
La race de Fabrosa, est de bonne taille, à grosse tête tachetée,
à profil nettement convexe et pourvue ou non de cornes. Le tronc est
long, la poitrine étroite, les membres longs. Elle est très
rustique et très bonne marcheuse. La toison, de teinte plus ou moins
jaunâtre, ne couvre pas la tête ni la partie inférieure
du corps. Elle est moins laitière que la précédente.
"